Rémunération du dirigeant : salaire, dividendes ou les deux ?
Rémunération du dirigeant : salaire, dividendes ou les deux ?
Se verser un salaire ou des dividendes n’a ni le même coût, ni les mêmes conséquences pour votre protection sociale. Pour un dirigeant de société soumise à l’impôt sur les sociétés, le bon choix est rarement l’un ou l’autre : c’est un dosage, à revoir chaque année.
Le salaire : plus coûteux, mais protecteur
La rémunération versée au dirigeant au titre de son mandat (on parle de salaire pour un président de SAS, de rémunération de gérance en SARL) présente trois caractéristiques.
- Elle est déductible du résultat de la société. Elle réduit donc le bénéfice soumis à l’impôt sur les sociétés.
- Elle supporte des cotisations sociales, dont le niveau dépend de votre statut : assimilé salarié ou travailleur non salarié.
- Elle ouvre des droits : retraite, indemnités journalières en cas d’arrêt, prévoyance.
Elle est ensuite imposée à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.
Les dividendes : moins de charges, mais aucun droit
Les dividendes sont une distribution du bénéfice restant après impôt. Leur logique est différente :
- ils ne sont pas déductibles : le bénéfice qui les finance a d’abord supporté l’impôt sur les sociétés, au taux réduit de 15 % sur une première tranche pour les PME éligibles, puis au taux normal de 25 % ;
- ils sont imposés chez vous, en principe au prélèvement forfaitaire unique (12,8 % d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux) ou, sur option, au barème progressif après un abattement de 40 % ;
- ils n’ouvrent aucun droit social : pas de trimestres de retraite, pas d’indemnités en cas d’arrêt de travail.
Attention au cas du gérant majoritaire de SARL : une partie de ses dividendes peut être soumise aux cotisations sociales. Nous l’expliquons dans notre article SAS ou SARL.
Comparer ce qui est comparable
Comparer le taux de cotisations d’un salaire au taux d’imposition d’un dividende est une erreur fréquente. Pour savoir ce qui est le plus avantageux, il faut raisonner sur l’ensemble de la chaîne : ce que coûte un euro à la société, et ce qu’il en reste dans votre poche après impôt sur les sociétés, cotisations et impôt sur le revenu.
Le résultat dépend de nombreux paramètres : le niveau de bénéfice de la société, votre statut social, votre taux marginal d’imposition, les autres revenus de votre foyer. C’est pourquoi deux dirigeants avec le même chiffre d’affaires peuvent arriver à des choix très différents.
Trouver le bon équilibre
Dans la pratique, la plupart des dirigeants combinent les deux. Quelques principes guident ce dosage :
- Sécuriser un socle de protection sociale. Un salaire minimum permet de valider des trimestres de retraite et de bénéficier d’indemnités en cas d’arrêt. Se rémunérer uniquement en dividendes, c’est renoncer à cette protection.
- Couvrir vos besoins personnels réguliers par une rémunération stable. C’est aussi ce que regardent les banques lorsque vous empruntez à titre personnel.
- Compléter par des dividendes lorsque la société dégage un bénéfice suffisant et que sa trésorerie le permet.
- Ne pas vider la société. Conserver des réserves permet de financer des investissements, d’absorber une année difficile et de rassurer vos partenaires financiers.
Les autres leviers à connaître
Salaire et dividendes ne sont pas les seules options. Selon votre situation, d’autres dispositifs peuvent compléter votre rémunération de façon efficace :
- le remboursement de vos frais professionnels réels, sur justificatifs ;
- les dispositifs d’épargne salariale et d’épargne retraite ;
- la prévoyance et la complémentaire santé souscrites par la société ;
- certains avantages en nature, comme un véhicule, dont l’usage privé doit être déclaré.
À retenir
- Le salaire réduit l’impôt sur les sociétés et ouvre des droits sociaux, mais il coûte plus cher en cotisations.
- Les dividendes sont moins chargés, mais n’ouvrent aucun droit et supportent d’abord l’impôt sur les sociétés.
- Le bon arbitrage dépend de votre statut, de vos revenus et de la trésorerie de la société.
- Il se revoit chaque année, idéalement avant la clôture de l’exercice.
Comment ADEXCA vous accompagne
Chaque année, avant la clôture, nous simulons plusieurs scénarios de rémunération à partir de vos chiffres réels et de la situation de votre foyer. Vous décidez en connaissant précisément le coût et le net de chaque option, et nous mettons en œuvre la solution retenue : bulletins de paie, procès-verbal d’assemblée, déclarations.
Cet article a une vocation d’information générale. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : pour toute décision, rapprochez-vous de votre expert-comptable.
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